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Lundi 1 juin 2009

VERS 1

 

Hugo! Hugo! Hugo!

Te voici dans le phare de Paris

Me poussant sur l’étable

Où dansent nus des corps !

 

Des corps : Mveng ! Senghor !

O Eclairs de ma vie poétique,

Je vous vois m’ouvrir le Livre

Où l’encre coule à flots !

 

Dans ma chambre solitaire,

Le poète transpire au plumitif ;

Il n’est pas seul à son crayon ;

Sa main écrit la dictée des autres.

 

Les tombes s’ouvrent à grand’cœur ;

Un souffle fort m’enrhume les narines ;

Ce parfum, bourgeon nouveau

Annonce la Pentecôte des vers !

 

 

 

VERS 2

 

Londres! O Aiguille de ma vie !

Ne suspends pas Shakespeare !

Ne suspends pas Newton !

Ne Suspends pas Dante !

 

J’ai ouvert tous ces sépulcres ;

Et, sur ma table de travail,

Laisse-les danser pour longtemps

La danse des souffles vivants.

 

J’étais couché : ils m’ont réveillé ;

Assis sur ma chaise, ils m’étreignent ;

Je me laisse aller à leur jeu

Et mon encre coule ; et abondamment !

 

Non ! Que le temps ne s’arrête pas ;

Je vais descendre dans leurs mots

Tirer tout le feu de leur mystère ;

Et là je l’étalerai à 10 down Street.

 

Alors, après la rose des crises,

Je mesurerai la pesanteur de leurs corps

Pour l’offrir aux hypers hommes

Qui courent à la quête du vent.

 

 

 

VERS 3

 

A la cathédrale toute cette nuit,

Le Saint-Esprit est venu ; a lui.

Il a dansé avec nous

Et on s’est séparés au petit matin.

 

Il n’y avait plus de corps ;

Il n’y avait que l’Esprit ;

Chantant, riant, rivalisant

D’adresse avec les humains.

 

Ah ! Que c’était merveilleux

De voir cette communion

Resplendir toute une vie

Autrefois assombrie de doutes !

 

Quelle joie ça été après Pâques

De monter avec le Sauveur !

De redescendre avec la Lumière

Pour redonner Vie au bois sec !

 

Les cailloux amers de Golgotha

Ont fondu en oliviers de vie ;

Les gouttes de mercure, sans tache

Remplissent nos mains élevées !

 

O clochers ! Raisonnez ! Raisonnez !

Que montent les esprits des Pères

Que sur le tabernacle de sang

Commence la moisson nouvelle.



VERS 4

 

Au fond du miroir

Qui réfléchit mon Etre,

Il y a un jeu particulier

De morts sortants ivres

Du soleil de leur tombe.

 

Haut de mon ciel ouvert

Je regarde ces espaces vides

Blanchissant sous de feuilles molles ;

Flétrissant sous d’ombres folles.

 

Au ciel argenté de lumières,

La lune vêtue de beauté

Resplendit en un linceul brillant

Orné d’une faucille claire.

 

Soudain s’effritent en morceaux

La glace de mon miroir ;

Des esprits y sortent criant

Des sonorités sans terroir.

 

Et d’un bruit frissé

Toute la glace s’émiette ;

Derrière ce désordre, 

Un esprit se gausse tout fatigué

 

De ma plume ; je l’écrase ;

Il s’enfuit en pleurant ;

Au loin, le vent s’adoucit

La tombe s’ouvre ; la mort meurt.

 

 

 

VERS 5

Aux victimes du krach AF447

 

Au fond de la mer bleue

Dont l’argent de couleur

N’a eu de prix pour nos vies,

 

Recevez toutes nos larmes

A cette heure où vous quittez

Prématurément cette vie ;

Fauchés par le destin.

 

Notre tristesse déborde

Le vase de la mer

Jusqu'à emplir nos cœurs

Du sentiment de votre départ.

 

A jamais, O tendres membres

De notre humaine famille ;

Au fond de l’eau calme

Où vous reposez

 

Les vagues tremblent

Du souffle de vos vies ;

Et sur terre, souffle

L’espérance d’un monde.

 

La mer ne jouera pas ainsi

Avec vos vies ; nos sentiments ;

Contre les flèches qu’elle nous lance

L’armure de vie résiste à jamais.

 

O bleu, toi que je chérirais

Toujours dans mon cœur

Porte mes larmes au Ciel.

 

 

  

VERS 6

 

Le poète aime la nuit ;

Mais la nuit ne luit

De son éclat ensorcelant

Que le jour brillant.

 

Ah le jour!  Dans le soleil 

Qui fait ses va-et-vient

Brodé par des rayons purs

Une tache de vie se forme.

 

Le soleil est un grand monsieur

Un hyper monsieur qui règne

Dans l’azur sans concurrent

Et se repose quand bon lui semble.

 

Le jour, descendant du temps

Vient se prosterner

Devant le poète en gémissant ;

La lumière le console gentiment.

 

Le jour s’amuse ; l’air fin

Filtre le soleil coupé en éclairs ;

Le jour frustré par la nuit

Eternue fronçant le visage.

 

Comme l’enfant qu’on caresse,

Le poète caresse le jour ;

Lui offre le soleil pour rire

Et la lune pour se reposer.

 

Le jour ou bien la nuit,

 Le soleil fait sa course ;

Malgré la nuit scintillante

Elle se mue en lune.

 

Le soleil est le petit garçon ;

La lune, la petite fille ;

Là où se fait la mue

Est un nid au fond de ma chambre.

 

Ce nid, c’est une bougie

Qui s’épanouit de vie

Et la vie qui descend de cette tige

Qui coule jusqu’à toucher son fond

 

Est un creux de haute vie

Où le poète n’arrive jamais ;

C’est là que le mystère plane

C’est là le fonds du poète.

 

Les vivants, voulant un peu mourir

Y viennent souvent se muer ;

Les morts, voulant un peu vivre

Y viennent souvent se transmuer.

 

Et moi, légataire des Rencontres

J’observe avant de tremper

Mon pinceau dans ce vase

Bouillonnant de suc magique.

 

O Jour ! Destin de ma nuit !

O Nuit ! Destin de mon jour !

Ebaubi du rythme naturel,

Le poète vous ouvre sa main.

 

Venez y rejoindre les autres

Et que la danse de l’Esprit

Nous emporte sur l’étable

Où l’Esprit prend ses quartiers.

 

Voyez-vous le poète à table !

Il écrit ! Il écrit ! Il écrit !

L’Esprit se lève ! Le voile mercure

Couvre l’horizon étourdi.

 

La Table se vide ! Les invités fuient ;

Le poète tend l’oreille attentive

Pour écouter le Feu vivant

Venant du Temple vital.

 

Le vent souffle ! Souffle ! Souffle !

Les invités sont tous partis !

Ecoutez le bruit de l’Esprit ;

Il parle ; le poète note.

 

O jour ! Regarde ta robe !

O nuit ! Regarde ta robe !

O regardez ! L’immaculée vie

Embrasant l’univers !

 

Allez ! Eh, dans la main du poète,

La vie resurgit de partout ;

En furie, elle surgit de partout

En feu, surgit de partout la VIE.

 

 

 

VERS 7

 

Le soleil en ténèbres

La lune en sang :

Me voici sans vêtement !

 

Moi qui oublie de m’habiller

Ne fuirais-je pas triste

Ma propre face honteuse ?

 

Je ne m’adresserai plus au soleil ;

La nuit n’a plus de souffle ;

En soi, on retourne enfin.

 

Là dehors, tout est confus ;

L’affolement embrase les gens ;

On dirait un troupeau apeuré ;

 

On cherche le loup inquiétant,

On ne voit que l’agneau inquiétant ;

Le cœur bat ; la mort jubile.

 

La raison perd sa raison ;

Son cadran a perdu l’heure ;

Le temps n’a plus de temps ;

Il n’y a ni vent impétueux.

 

La montée d’eau est finie ;

Il n’ y a plus que l’ordre renversé

Et l’homme est déjà perdu

Dans cet arsenal sans maître.

 

Le soleil descend chercher l’homme ;

La nuit sort chercher l’homme :

Plus rien ; sinon un masque rabougri.

 

Ayant creusé sa tombe brillante

Où il attend descendre doucement

Sans perturber les autres créatures.

 

L’agneau résiste au loup ;

Le loup perd sa confiance ;

L’homme meurt ; l’animal transpire.

 

Le jour n’existe plus ;

La lune n’existe plus ;

La nuit n’existe plus ;

Le soleil n’existe plus.

 

L’homme ne parle plus ;

Son époque semble fuir

Au loin devant lui

Pour laisser place au rabougri.

 

 

Par MEKOUL ISRAEL JACOB BARUC - Publié dans : Poesie Lyrique - Communauté : L'AME VIVE DES MOTS
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Commentaires

Bonjour

"Me poussant sur l’étable

Où dansent nus des corps !"

ça veut dire quoi ? au sens littéral et le contexte...

J'ai trouvé l'ensemble très plaisant

Je peux t'inscrire à des concours de poésie français si tu veux avec publication à la clé
Commentaire n°1 posté par Cecyl le 05/06/2009 à 12h50

avec plaisir.

tu n'as qu'a me dire ce qui me reste à faire.

Réponse de israel le 05/06/2009 à 18h42
bien
Commentaire n°2 posté par jules le 24/06/2009 à 12h46
ok
Commentaire n°3 posté par MEKOUL ISRAEL JACOB BARUC le 26/06/2009 à 19h06
mais il faut voit sdi cest vtait
Commentaire n°4 posté par corine ebouli le 26/06/2009 à 19h07
pourquoi 7 peomes comme des strophes
Commentaire n°5 posté par corine ebouli le 26/06/2009 à 19h08
que faire quqnd le verre se meurt comme en ces jours?

corine
Commentaire n°6 posté par corine ebouli le 26/06/2009 à 19h18

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