Mardi 16 juin 2009

Paris! Paris! O Sainte Geneviève!

Regarde au fond du vide vivant

La couronne de feu du Saint sacrement

Que nous portons en signe de Victoire.

 

Est-ce à Mars que j’airai chercher

L’homme exceptionnel pour notre Eucharistie !

Dans tes parvis, je vois toutes ces pénitences

De mes peuples en quête de foi.

 

Ouvre-moi les portes de la ville lumière

A la suite de Pothin, mes brebis ;

Elles apportent le lait pour la fête ;

Mes fleurs du Nil, mes Saint Augustin !

 

Laisse couler le vin de mes coraux

Et que la soif de tant de misères

S’arrête aux portes des champs

Epanouis de sève immortelle.

 

Dans le breuvage des âmes rassemblées,

Combien sommes-nous au combat ?

Serons-nous ces augustes chevaliers ?

Serons-nous ces bêtes remplaçant nos paroisses ?

 

Paris! Paris! O Sainte Geneviève!

Je ferai une halte aux trois reposoirs :

Lyon, Marseille et Bordeaux 

Pour dire la grandeur de Celui qui passe !

 

Au pied des clochers de Notre Dame,

Regarde la longue Procession de mon peuple

Entonner les alléluias d’accents magiques,

Signe de la croix glorieuse nous enveloppant.

 

Paris! Paris! O Sainte Geneviève!

Ouvre-nous tous ces sépulcres !

Regarde nos corps prendre vitalité !

Noël ! Paques ! Ascension ! Pentecôte !

 

O souffle de vie ! Nous étions tous morts !

Nous exhalons le parfum de la renaissance ;

Derrière nous, les sépulcres morts de honte

Car l’encens encense l’Etoile vivante du Père !

 

Paris! Paris! O Sainte Geneviève!

Sales sont nos corps devenus asséchés

Par le poison que nous offrent nos vies

Mais en route, en choeur, disons :<< Que ton règne vienne !>>

 

 

 

 

Par MEKOUL ISRAEL JACOB BARUC - Publié dans : Poesie Religieuse - Communauté : L'AME VIVE DES MOTS
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Mercredi 10 juin 2009

J’ai demandé à la lune

Si un jour elle vivra en plein jour

Pour nous donner toute sa beauté

Que seul le poète contemple la nuit.

 

J’ai demandé à la lune

Si sa dentelle ne sera jamais

Autre chose que ses phases

Qu’elle nous présente si souvent.

 

J’ai demandé à la lune

Si les signes de vie qu’elle porte

Pourra nous supporter, nous tous

Avec nos bêtises et nos incongruités.

 

J’ai demandé à la lune

Ce qu’elle pense et elle m’a dit :

<< Je vous aime plus que tout

Et comme la terre, je vous supporterai>>

 

Par MEKOUL ISRAEL JACOB BARUC - Publié dans : Poesie Lyrique - Communauté : L'AME VIVE DES MOTS
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Mercredi 10 juin 2009

Autour du roi

Ce n’est pas un serpent

Aux lames brûlantes

Au regard vous dévorant.

 

Autour du roi

Ce n’est pas une langue

Aux palais mensongers

Aux rimes voraces.

 

Autour du roi

Ce n’est pas une ceinture

D’individus apatrides

Confisquant la République.

 

Autour du roi

C’est une couronne d’or

Aux pépites tricolores

Reniflant avant tout la Patrie.

 

Ce n’est pas sous le soleil

C’est dans la belle lune

Qu’on le voit briller

D’un feu en mille éclats.

 

O Roi, dans ce firmament

Où tu apostrophes l’azur

Quel souffle transhistorique

Sectionner ton étant ?

 

Vers toi, regarde nos mains :

Nous te louons ; t’exaltons ;

Déverse dans ces palmes fragiles

Les lingots d’or pour nos cœurs.

 

D’extrémité en extrémité,

La République s’épanouit

De ton immense amour

O regarde cet étendard !

 

Autour du grand Roi

Le sceptre est l’anneau de vie

On l’arbore en pleine lune

Quand on va à la Rencontre.

Par MEKOUL ISRAEL JACOB BARUC - Publié dans : Poesie Lyrique - Communauté : L'AME VIVE DES MOTS
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Mardi 9 juin 2009

A un mètre du sol

Est suspendu un grenier

Dont le raphia asséché

Ne se soumet aux flammes.

 

Entre ce sol et ce grenier

Du bois vert brûlant ardemment ;

La couleur jaune, rouge, orange

Balance au rythme du vent.

 

Dans le grenier si épais,

Un jeune homme mûrit ;

Il cuit dans cette potion

Comme le passage à l’au-delà.

 

Tout autour, la Sage Femme

Et son cortège de Voyantes :

<< Mon fils, tu seras un Homme

Rien ne t’arrivera ici bas>>.

 

L’enfant gémit à en mourir ;

La braise augmente d’intensité ;

On le calme avec une eau composée

Dégageant une odeur inhumaine.

 

Au-dessus du grenier, des voix

Se font entendre et l’enfant à leur écoute

Semble crier plus qu’auparavant :

<< Sois la bienvenue>> disent-ils.

 

Soudain, un voile couvre le grenier

Toutes les voyantes s’agenouillent

Autour du grenier devenu invisible ;

Seule la Sage femme reste debout.

 

Elle danse plus fort ; plus fort

Et le grenier semble s’embraser ;

D’un coup, le voile disparaît

La Sage Femme saute dans le grenier

 

Porte l’enfant dans ses bras ;

Tourne avec lui comme un tourbillon

Et dans cet élan irrésistible

Jette l’enfant dans les mains d’une Voyante.

 

La voyante disparaît avec l’enfant

L’initiation nouvelle peut commencer

Derrière, sous le grand baobab

Commence la Transfiguration.

Par MEKOUL ISRAEL JACOB BARUC - Publié dans : Poesie Lyrique - Communauté : L'AME VIVE DES MOTS
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Mardi 9 juin 2009

Un sépulcre s’ouvre ;

Un soleil y jaillit ;

Embrasse ma bougie

Vivante, elle s’épanouit.

 

L’Esprit s’accroche

Au tronc rigide

Qui s’enfonce

Dans un sol d’argile.

 

Sous le pied de la bougie,

La vie descend tendrement

Jusqu’à enivrer le tombeau

Souriant de cette flamme.

 

O Esprit ! Lève-toi !

Sens-tu l’odeur fade

De la vie t’enivrant

De sa saveur mystérieuse ?

 

Je vois un esprit : ma grand-mère ;

Elle y est venue avec un sceptre ;

Elle me le tend ; je le saisis

Brûlant, je le porte au chandelier.

 

Le sépulcre reste ouvert ; puis,

Se referme avec sa bougie ;

Ma grand-mère devient flamme :

Tiens ce sceptre à mille branches.

 

Ma chambre s’ensoleille

Ma grand-mère prend ma plume

Ecrit des lettres et des chiffres

Qui se posent en bâtons.

 

O ! Venez voir le grand Esprit

Les tombes s’ouvrent et tout le monde

Devient teint d’un neuf visage ;

Commence alors la procession spirituelle.

Puis la bougie ouvre le couvercle

Sort ; ma grand-mère court, se penche

Puis monte sur la flamme

Et disparaît dans un grand vent.

 

On allume un grand feu

Des chants montent, montent des chants

Le feu touche le ciel descendu

L’univers ranime ses contours.

 

Au loin, dans un grand tourbillon

Un chandelier de couleur vert-clair

Emporte l’encens des hosties

Pour le réveillon qui commence.

 

Par MEKOUL ISRAEL JACOB BARUC - Publié dans : Poesie Lyrique - Communauté : L'AME VIVE DES MOTS
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Lundi 1 juin 2009

VERS 1

 

Hugo! Hugo! Hugo!

Te voici dans le phare de Paris

Me poussant sur l’étable

Où dansent nus des corps !

 

Des corps : Mveng ! Senghor !

O Eclairs de ma vie poétique,

Je vous vois m’ouvrir le Livre

Où l’encre coule à flots !

 

Dans ma chambre solitaire,

Le poète transpire au plumitif ;

Il n’est pas seul à son crayon ;

Sa main écrit la dictée des autres.

 

Les tombes s’ouvrent à grand’cœur ;

Un souffle fort m’enrhume les narines ;

Ce parfum, bourgeon nouveau

Annonce la Pentecôte des vers !

 

 

 

VERS 2

 

Londres! O Aiguille de ma vie !

Ne suspends pas Shakespeare !

Ne suspends pas Newton !

Ne Suspends pas Dante !

 

J’ai ouvert tous ces sépulcres ;

Et, sur ma table de travail,

Laisse-les danser pour longtemps

La danse des souffles vivants.

 

J’étais couché : ils m’ont réveillé ;

Assis sur ma chaise, ils m’étreignent ;

Je me laisse aller à leur jeu

Et mon encre coule ; et abondamment !

 

Non ! Que le temps ne s’arrête pas ;

Je vais descendre dans leurs mots

Tirer tout le feu de leur mystère ;

Et là je l’étalerai à 10 down Street.

 

Alors, après la rose des crises,

Je mesurerai la pesanteur de leurs corps

Pour l’offrir aux hypers hommes

Qui courent à la quête du vent.

 

 

 

VERS 3

 

A la cathédrale toute cette nuit,

Le Saint-Esprit est venu ; a lui.

Il a dansé avec nous

Et on s’est séparés au petit matin.

 

Il n’y avait plus de corps ;

Il n’y avait que l’Esprit ;

Chantant, riant, rivalisant

D’adresse avec les humains.

 

Ah ! Que c’était merveilleux

De voir cette communion

Resplendir toute une vie

Autrefois assombrie de doutes !

 

Quelle joie ça été après Pâques

De monter avec le Sauveur !

De redescendre avec la Lumière

Pour redonner Vie au bois sec !

 

Les cailloux amers de Golgotha

Ont fondu en oliviers de vie ;

Les gouttes de mercure, sans tache

Remplissent nos mains élevées !

 

O clochers ! Raisonnez ! Raisonnez !

Que montent les esprits des Pères

Que sur le tabernacle de sang

Commence la moisson nouvelle.



VERS 4

 

Au fond du miroir

Qui réfléchit mon Etre,

Il y a un jeu particulier

De morts sortants ivres

Du soleil de leur tombe.

 

Haut de mon ciel ouvert

Je regarde ces espaces vides

Blanchissant sous de feuilles molles ;

Flétrissant sous d’ombres folles.

 

Au ciel argenté de lumières,

La lune vêtue de beauté

Resplendit en un linceul brillant

Orné d’une faucille claire.

 

Soudain s’effritent en morceaux

La glace de mon miroir ;

Des esprits y sortent criant

Des sonorités sans terroir.

 

Et d’un bruit frissé

Toute la glace s’émiette ;

Derrière ce désordre, 

Un esprit se gausse tout fatigué

 

De ma plume ; je l’écrase ;

Il s’enfuit en pleurant ;

Au loin, le vent s’adoucit

La tombe s’ouvre ; la mort meurt.

 

 

 

VERS 5

Aux victimes du krach AF447

 

Au fond de la mer bleue

Dont l’argent de couleur

N’a eu de prix pour nos vies,

 

Recevez toutes nos larmes

A cette heure où vous quittez

Prématurément cette vie ;

Fauchés par le destin.

 

Notre tristesse déborde

Le vase de la mer

Jusqu'à emplir nos cœurs

Du sentiment de votre départ.

 

A jamais, O tendres membres

De notre humaine famille ;

Au fond de l’eau calme

Où vous reposez

 

Les vagues tremblent

Du souffle de vos vies ;

Et sur terre, souffle

L’espérance d’un monde.

 

La mer ne jouera pas ainsi

Avec vos vies ; nos sentiments ;

Contre les flèches qu’elle nous lance

L’armure de vie résiste à jamais.

 

O bleu, toi que je chérirais

Toujours dans mon cœur

Porte mes larmes au Ciel.

 

 

  

VERS 6

 

Le poète aime la nuit ;

Mais la nuit ne luit

De son éclat ensorcelant

Que le jour brillant.

 

Ah le jour!  Dans le soleil 

Qui fait ses va-et-vient

Brodé par des rayons purs

Une tache de vie se forme.

 

Le soleil est un grand monsieur

Un hyper monsieur qui règne

Dans l’azur sans concurrent

Et se repose quand bon lui semble.

 

Le jour, descendant du temps

Vient se prosterner

Devant le poète en gémissant ;

La lumière le console gentiment.

 

Le jour s’amuse ; l’air fin

Filtre le soleil coupé en éclairs ;

Le jour frustré par la nuit

Eternue fronçant le visage.

 

Comme l’enfant qu’on caresse,

Le poète caresse le jour ;

Lui offre le soleil pour rire

Et la lune pour se reposer.

 

Le jour ou bien la nuit,

 Le soleil fait sa course ;

Malgré la nuit scintillante

Elle se mue en lune.

 

Le soleil est le petit garçon ;

La lune, la petite fille ;

Là où se fait la mue

Est un nid au fond de ma chambre.

 

Ce nid, c’est une bougie

Qui s’épanouit de vie

Et la vie qui descend de cette tige

Qui coule jusqu’à toucher son fond

 

Est un creux de haute vie

Où le poète n’arrive jamais ;

C’est là que le mystère plane

C’est là le fonds du poète.

 

Les vivants, voulant un peu mourir

Y viennent souvent se muer ;

Les morts, voulant un peu vivre

Y viennent souvent se transmuer.

 

Et moi, légataire des Rencontres

J’observe avant de tremper

Mon pinceau dans ce vase

Bouillonnant de suc magique.

 

O Jour ! Destin de ma nuit !

O Nuit ! Destin de mon jour !

Ebaubi du rythme naturel,

Le poète vous ouvre sa main.

 

Venez y rejoindre les autres

Et que la danse de l’Esprit

Nous emporte sur l’étable

Où l’Esprit prend ses quartiers.

 

Voyez-vous le poète à table !

Il écrit ! Il écrit ! Il écrit !

L’Esprit se lève ! Le voile mercure

Couvre l’horizon étourdi.

 

La Table se vide ! Les invités fuient ;

Le poète tend l’oreille attentive

Pour écouter le Feu vivant

Venant du Temple vital.

 

Le vent souffle ! Souffle ! Souffle !

Les invités sont tous partis !

Ecoutez le bruit de l’Esprit ;

Il parle ; le poète note.

 

O jour ! Regarde ta robe !

O nuit ! Regarde ta robe !

O regardez ! L’immaculée vie

Embrasant l’univers !

 

Allez ! Eh, dans la main du poète,

La vie resurgit de partout ;

En furie, elle surgit de partout

En feu, surgit de partout la VIE.

 

 

 

VERS 7

 

Le soleil en ténèbres

La lune en sang :

Me voici sans vêtement !

 

Moi qui oublie de m’habiller

Ne fuirais-je pas triste

Ma propre face honteuse ?

 

Je ne m’adresserai plus au soleil ;

La nuit n’a plus de souffle ;

En soi, on retourne enfin.

 

Là dehors, tout est confus ;

L’affolement embrase les gens ;

On dirait un troupeau apeuré ;

 

On cherche le loup inquiétant,

On ne voit que l’agneau inquiétant ;

Le cœur bat ; la mort jubile.

 

La raison perd sa raison ;

Son cadran a perdu l’heure ;

Le temps n’a plus de temps ;

Il n’y a ni vent impétueux.

 

La montée d’eau est finie ;

Il n’ y a plus que l’ordre renversé

Et l’homme est déjà perdu

Dans cet arsenal sans maître.

 

Le soleil descend chercher l’homme ;

La nuit sort chercher l’homme :

Plus rien ; sinon un masque rabougri.

 

Ayant creusé sa tombe brillante

Où il attend descendre doucement

Sans perturber les autres créatures.

 

L’agneau résiste au loup ;

Le loup perd sa confiance ;

L’homme meurt ; l’animal transpire.

 

Le jour n’existe plus ;

La lune n’existe plus ;

La nuit n’existe plus ;

Le soleil n’existe plus.

 

L’homme ne parle plus ;

Son époque semble fuir

Au loin devant lui

Pour laisser place au rabougri.

 

 

Par MEKOUL ISRAEL JACOB BARUC - Publié dans : Poesie Lyrique - Communauté : L'AME VIVE DES MOTS
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Mardi 30 décembre 2008

Tous mes vœux les meilleurs

De santé, de prospérité et de longévité pour 2009.

L’élan solaire qui embrase le monde depuis 2008

Ne semble pas faire une halte en chemin en 2009.

 

L’aube fraiche du matin et le doux rayon crépusculaire

Comme le verseau du passé et de l’avenir

Deux non-êtres aux saveurs si fortes,

Deux variables aux trajectoires si fortes

 

Deux étants, couvrent nos vies

Nous apportant leur gerbe si dynamique

Pour que famille, espérance et fraternité

Emportent encore nos cœurs.

Par MEKOUL ISRAEL JACOB BARUC - Publié dans : Poesie Lyrique - Communauté : L'AME VIVE DES MOTS
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Jeudi 28 août 2008

III

 

 

La victoire de l’armée était là

Mais ne faut-il pas aussi revenir

Sur le courage de l’un de ceux-là

Qui résista jusqu'à la mort sans se retenir.

 

La bataille faisait rage ; tout orageait ;

Le temps dans ce marécage, beau

S’assombrissait comme un tonneau

Chargé de bombes qui dégageait.

 

Arrivés dans une zone déserte et triste

Par les flammes, le soldat fut encerclé ;

Quelques fidèles autour de lui, apeurés

Lui demandaient de s’enfuir ; écœuré

 

Il refusa cette proposition de lâche ;

Devant les chefs ennemis, il s’imposa

Leva son arme au nom de son pays ;

Leur dit :< vous ne valez rien

 

Aucune gène ; que de biens

A mourir pour sa patrie

Si vous voulez, tuez-moi

Mais je ne vendrais pas ma patrie>

 

Ses fidèles, voyant la mort venir

Levèrent leurs armes et courageusement

Dirent d’une même voix :< Vive la patrie

Jamais nous ne t’abandonnerons guère

 

Fut-ce-t-elle horrible pour nous, cette guerre>

Cela gêna les ennemis qui,

Devant leur chef couché au sol, épuisé,

Egorgea ses amis, ouvrant leurs ventres

 

Avec des sabres aux lames épinées ;

Le sang sortant des courageux

Inondait l’espace d’un rouge vif ;

Ce fut triste, O ma mémoire ; piteux

 

De voir comment des hommes

Pour avoir refusé de céder au chantage

                      Des ennemis étaient massacrés, torturés

Foudroyés, écrasés, brisés, bourrés.

 

Tous moururent ; leur chef résistant

Dont on attendait la résignation

Pleura sur les corps de ses amis ;

Il se leva et protesta

 

< Je vous jure, au nom de mes amis

Et au nom de mon pays fidèle

Tuez-moi et allez au diable

Bandes de nuls, de faibles>

 

Le chef de l’armée ennemie

Humilié par ces termes injurieux

D’un prisonnier de guerre, furieux

Ordonna qu’on! le troua de balles.

 

Ce qui ne traîna pas comme un effort de paix

Il fut arrosé d’une pluie de plombs

Le crépitement des plombs

Laissa entendre son dernier soupir :

 

< Que la patrie pour laquelle

Je donne ma vie, je meurs

Reste outre-tombe le symbole

De notre combat sans peur>

 

L’armée ennemie, insatisfaite

De n’avoir pas pu entendre la résignation

De ce vaillant chef d’armée, satisfaite

Au moins de l’avoir tué, les siens.

 

Elle retourna dans ses bases arrières

Les corps des vaillants républicains

Eperdus, disséqués, putain

Inconnus au sol sans histoire.

  

 

La bravoure et la loyauté

De ces hommes, éclaircissaient

Un paysage autrefois sombre

Mais devenu sympathique.

 

Comme la grandeur d’âme

De certains peut changer

La dentelle de la nature

Pour nous offrir un soleil de vie!

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Jeudi 28 août 2008

II

 

 

Terrible, horrible, tragique jour

Que celui qui fait tonner

Canons, mortiers, tirs ; détonner

Fusils, kalach, en moins de cent jours.

 

Isanguélé! Ville sous les abois de feu

L’onde de choc frappe comme Anaconda

De partout comme des pygmées en ébat

Sifflote des projectiles de feu.

 

Isanguélé! L’ennemi masqué

Sur des pirogues aux gueules minces, élancées

Foudroient la mangrove devenue flasque

Par une poudrière rocambolesque.

 

Hurlements défraient le marécage

Cris! Pleurs rythment les tirs

Un arbre s’écrie ici, un oiseau pleure là

Quelle furie! L’ennemi fait rage.

 

Nos soldats, expériences millénaires

Ripostent avec une sérénité bouddhiste

Devant des furieux adversaires

Sans faire dans nos rangs des têtes.

 

Toute la journée, ce fut le désastre

Ouf! Au fond de ce terrain sombre

Pleurent nos poissons! Pleure la vie cette réalité sombre

Comme virtuelle revêtue du sinistre.

 

La foret applaudissait ces exploits

Et la vie est sans envie sous de telles lois

De guerres ; rien dans ces tirs de morts

N’apportaient le sourire à ces tristes sorts.

 

Des corps jonchés comme du bois

Une musique, rythmée de mouches

Ensoleillait cet endroit morne sans couches

Où tout fuyait jusqu’à la diplomatie.

 

 

 

 

Soldats capturés, butins de ces échanges

Etaient portés auprès du chef d’état-major

Trophées de guerre à garder comme de l’or

Afin que leur sort finisse en cage.

 

Dans les medias, chacun avait son compte :

<< L’ennemi essuie de sérieux revers ;

Notre armée a remporté en ce jour ; ça compte

Pour reprendre la situation>> ; O quel calvaire!

 

Les familles laissés au pays natal

Priaient DIEU pour leurs époux, pères

Fils, neveux, cousins, oncles, frères

A leur revenir sain et sauf pas fatal.

 

En guerre comme en guerre, Malheureusement

On ne pouvait cacher ces rapatriés, drapés

Sous le linceul tricolore, fier heureusement

D’être mort de bonne mort.

 

La remise de l’ordre sur les frontières

Durait des siècles bizarrement

Les vivants rentraient à peine

La vie ne vit que si la mort meurt ;

 

Or, cela devenait de plus en plus illusoire ;

Ailleurs, on rapatriait dans la clandestinité

Et des obsèques se faisaient dans l’intimité

Pour ne pas effrayer de nouveaux candidats.

 

Gagner un peu de sou par le service militaire

Etait une parade et un jardin d’Eden

Dont aucun jeune ne pouvait refuser

L’offre : fruits, paysages, et serpent.

 

Même ceux qui avaient dans certains pays

Refusaient au nom de la liberté d’expression

D’aller <dans une guerre injustifiée>

Souffrait de manquer cette aventure.

 

 

Chacun n’avait-il pas son destin

Ne furent-ils pas nombreux à s’être enrôlés

Dans une expédition fut-elle ambiguë et revenir

Pour se faire voir haut gradés, auréolés ?

 

Beaucoup écrasait la guerre

Comme un mégot mais on l’aimait

On pleurait mort, mais on riait

Vivant de retour de guerre.

 

Ainsi, pendant des jours, des nuits entiers

L’animal vivait, dictait sa loi

L’homme mourait, ployait sans foi

En cendre dans cette barbarie à décrier.

 

Amère fut ce jour ; venant la nuit

A la base militaire, tout reprenait vie

Désastreux en pertes furent ces combats

La politique battait son plein pour la PAIX.

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Jeudi 28 août 2008

HONNEUR

<< Non, vous n’êtes pas morts gratuits…>>(Léopold Sédar Senghor)

I

 

O vous vaillants soldats de la République

Le pays, par vous, évite le tragique

Combattre sous la pluie, combattre

Sous le soleil, sans répit, combattre.

 

Quelle paix inter-Etats

Et légitimer ces accords Ape

Qui déstabilisent nos Etats

Fragilisent l’U.A. pour l’U.E.

 

La traînée de misère qui coule

O symboles nous ennuie, vous luit

La foret en furie a ses paroles

Drainées de malheurs, ah oui.

 

Ne sommes-nous pas riches en arsenal

Pourtant pauvres en attaques

Je revois les bras de vos fusils

Bras d’amitié devant leur contre attaque.

 

L’Afrique monte par cette diplomatie

O Addis-Abeba, terre de notre africanité

Sur le sang des martyrs qui s’épanouit

Brille déjà la flamme des notre unité.

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